Liste noire Tunisie-Union Européenne : Verdict Mardi !

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Le lobbying dans tous ses « États » ! Ce serait, en effet, mardi 23 janvier 2018 que la réunion du Conseil des Ministres des Finances européens annoncerait la décision de retrait de la Tunisie de la « liste noire » des paradis fiscaux et de blanchiment, pour la faire basculer dans la « liste grise ». Les armes juridico-politiques sont en train d’être fourbies pour que la Tunisie soit retirée de cette liste infâmante et si préjudiciable à l’essor de son économie en panne.

L’OEM – Observatoire Européen du Maghreb à Bruxelles – avait chargé l’euro-lobbyiste tunisien Ghazi Mabrouk de procéder à la rédaction d’un Mémorandum sur le sujet de l’inscription de la Tunisie sur cette « liste noire ». Un document qui serait destiné à être transmis ce vendredi même au Commissaire européen aux Affaires Economiques et Financières Pierre Moscovici, avant la réunion fatidique de la Session 3592 du Conseil européen des Affaires Economiques et Financières des Ministres des Etats membres de l’Union Européenne, qui se tiendra le 23 janvier 2018 à Bruxelles. Un Mémorandum qui aurait pour objectif de déterminer les étapes devant jalonner le retrait de la Tunisie de la liste noire jusqu’à celles de l’assouplissement des mesures dans le cadre de la « liste grise ».

Tout en concédant que la liste grise n’est en réalité par plus glorieuse que la noire. Une sortie totale des listes en question n’étant pas possible rapidement.

Il est vrai que le geste politique et symbolique du retrait de la Tunisie de la liste noire constituerait pour les partenaires européens de la Tunisie, un message d’apaisement. Et ce serait quasiment acquis pour ce 23 janvier 2018.

Ce qu’il faut savoir c’est que, quelle que soit la nature de la mesure de retrait, le cheminement vers un classement totalement « clean » est encore bien éloigné. Il y aurait toute une procédure longue et complexe à suivre et toute une série d’engagements et de preuves à concrétiser de la part de la Tunisie.

La classification actuelle de la Tunisie dans la « liste noire » européenne pourrait « plomber » la visite d’Etat qu’effectuera le Président Emmanuel Macron en Tunisie à la fin du mois.

Ce serait là une raison majeure, qui pousserait les autorités françaises à arracher de leur compatriote, le Commissaire Européen, que le 23 janvier prochain la Tunisie obtienne satisfaction même partiellement.

Pour cela la Tunisie, devra entre autres et notamment, garantir la modification de sa législation financière, la réforme de ses avantages fiscaux à l’exportation, sans oublier les questions relatives à la circulation et aux transferts de fonds suspects ou contestés. En tout état de cause, les deux listes se basent sur une logique de « name and shame », en affichant le nom d’un Etat considéré comme pas ou comme peu coopératif, selon le cas.

Ce serait certes « une victoire à la Pyrrhus », peu glorieuse pour la Tunisie, comme le reconnait Ghazi Mabrouk. Pour qui « cela éviterait d’hypothéquer les espoirs que cette visite du Président français au Président tunisien porterait en elle. Elle offrirait une sorte de bonus à la relation exceptionnelle affichée entre les deux Chefs d’États, en une période où les alliances géostratégiques sont en train de s’affiner ».